Pourquoi faut-il interdire l’hyperflexion

Pour quelles raisons le Collectif se lève-t-il contre l’hyperflexion ?

L’hyperflexion est une attitude qui est devenue la norme dans l’équitation moderne. Elle est omniprésente, sur les terrains de concours, dans les centres de formation, l’ENE y compris, sur les sites web de l’IFCE, la FFE, la FEI, sur les vidéos des champions sur FEI dressage, sur des publicités pour des événements équestres, dans la presse hippique, dans des reportages, sur des publicités d’entreprises de la filière équestre, etc.

Pourtant, le travail en hyperflexion est nuisible pour le physique et le moral du cheval et n’a aucune utilité :

Vous pouvez trouver la fiche Equipédia des travaux de M. Galloux concernant les effets néfastes et maltraitants de l’hyperflexion, dont le rollkur est la forme la plus extrême, sur la page d’acceuil de ce site web.

Ces 15 dernières années, de nombreuses études scientifiques ont été menées ; la très grande majorité conclut à un manque d’effet sur la performance (74%) et à une nuisance sur le bien-être du cheval (88%).

– Lors de l’hyperflexion, on impose au cheval une forte restriction du champ de vision, lui permettant à peine de juger le sol où il met les pieds.

– L’hyperflexion implique également le blocage du balancier tête encolure.

– La flexion de la tête et de l’encolure entraîne une réduction conséquente du diamètre du pharynx et donc d’importantes difficultés à respirer et à avaler.

– La décontraction de la mâchoire, et le mouvement de déglutition, sont rendus impossibles, surtout lors du rollkur –forme la plus extrême de l’hyperflexion.

– Il y a un manque de relâchement évident et les chevaux soumis à l’hyperflexion montrent plus souvent des signes d’inconfort et de comportements conflictuels que les chevaux montés en attitude naturelle ou au rassembler correct.

– L’hyperflexion n’améliore en aucun cas la locomotion. De plus elle est inutile à la préparation du travail rassemblé.

– Le cheval perd en rebond quand il est placé en hyperflexion, surtout au galop.

– Il n’y a pas non plus de gain en propulsion.

– L’hyperflexion est une technique d’hyper-soumission. Le cheval se trouve dans une sorte d’état dépressif dans lequel il ne cherche plus de solution, ne se rebelle plus et souffre en silence. Avec pour corollaire un effondrement du système immunitaire, porte ouverte aux coliques, boiteries, etc.

– L’hyperflexion crée de la confusion et affecte l’apprentissage du cheval car le cavalier utilise des aides contradictoires en simultanées. (Mains + jambes/éperons)

– De nombreux auteurs et vétérinaires préviennent que, à terme, le travail régulier en hyperflexion pourrait conduire à des traumatismes, notamment de la région nuchale et du ligament nuchal. Denoix (1999) a montré dans une étude que la mise en tension de ce ligament par une flexion cervicale basse augmente la mobilité du dos en région thoracique de T5 à T18 – ce qui peut donner cette impression de dos qui « fonctionne » sous la selle, encourageant les cavaliers à continuer sur cette voie -, mais réduit considérablement la mobilité en région lombaire (T18-L5). Le cheval devra donc « forcer » au niveau lombaire pour maintenir l’avancée des postérieurs sous la masse. Par ailleurs, cette posture entraîne une compression des corps vertébraux et des disques intervertébraux les uns contre les autres, surtout en région cervicale.

– Il y a une augmentation du cortisol (stress), un blocage de la respiration intrathoracique, une modification de la mécanique du dos et des pathologies du membre antérieur et des pieds.

– La pression exercée par le mors qui agit douloureusement sur les barres lors de l’hyperflexion est également fortement sous-estimée. La circulation sanguine de la langue peut être tellement entravée que la langue devient bleue – pourpre.

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